
A2LAN Edouard LESAGE est un artiste entièrement autoproduit, auto-réalisé et auto-diffusé: producteur et beatmaker hip-hop, auteur-compositeur, rappeur, chanteur et multi-instrumentiste (batterie, piano/synthés, basse, guitare). Travaillant entièrement en dehors du système des labels, il construit chaque projet depuis zéro: écriture et composition, enregistrement et interprétation, mixage et mastering, ainsi que la réalisation et le montage de ses propres clips. Né le 21 juin 1996 à Wasquehal, en France — symboliquement, le jour de la Fête de la Musique — il incarne une vision de la musique à la fois comme vocation de toute une vie et comme véritable profession.
Issu d’une famille très musicale, avec un père guitariste amateur passionné de rock et des disques constamment présents à la maison, A2LAN a été immergé dans le son avant même de savoir parler. Très jeune, il vit son premier choc artistique en regardant Beetlebum de Blur, ressentant une connexion troublante avec Damon Albarn à l’écran. Dès l’âge de trois ans, il se pose des questions structurées sur les styles musicaux, le marketing, le sponsoring et sur les raisons pour lesquelles différents groupes sociaux se rattachent à différents genres. Dès le départ, la musique n’est pas pour lui un simple divertissement; c’est une façon de comprendre comment la culture, le pouvoir et l’émotion interagissent.
Il commence la batterie à cinq ans, assimilant rapidement les bases du rythme et de la théorie musicale. Un grave accident peu après lui laisse les deux mains blessées et partiellement handicapées pendant plusieurs années. Plutôt que de s’éloigner de la musique, il transforme cette limitation en chemin: vers neuf ans, il choisit la guitare comme moyen de rééduquer ses mains. En pratiquant plusieurs heures par jour — souvent deux à cinq heures, parfois plus — il progresse à un rythme exceptionnel. Adolescent, il atteint un niveau qui lui permet d’aborder les répertoires virtuoses d’Yngwie Malmsteen, Eric Johnson, Django Reinhardt et Johann Sebastian Bach, jouant parfois des passages plus vite que dans les enregistrements originaux. Pourtant, son objectif n’a jamais été de devenir un guitariste de démonstration: la maîtrise instrumentale a toujours été au service de la composition.
Au fil de son parcours, A2LAN explore le rock, le gypsy jazz, la musique classique puis le hip-hop, en considérant chaque style comme un champ d’étude plutôt qu’une cage. Il s’exerce brièvement au piano vers douze ans, suffisamment pour en faire son principal outil harmonique pour l’écriture de mélodies et d’accords, et commence à travailler sa voix, façonnant peu à peu un timbre capable d’aller des lignes mélodiques à une intensité brute inspirée du rock. Vers quatorze ans, il forme un petit groupe de rock et commence à composer et à écrire des textes, tout en enregistrant ses premiers morceaux autoproduits à la maison. Les titres I Need a Girl Like You et My Life Is Now Empty comptent parmi ses premières œuvres entièrement composées et produites par lui-même.
À quatorze ans, il commence aussi à publier ses propres musiques et visuels sur YouTube, prenant le contrôle non seulement du son mais aussi de l’image. À quinze ans, il ajoute le rap à sa pratique et se produit aussi bien en solo qu’en groupe. À dix-sept ans, il décide de quitter l’école pour se consacrer entièrement à la musique. Peu après, il rencontre un guitariste de blues qui l’initie aux bases de l’ingénierie du son. À partir de là, A2LAN choisit la voie la plus difficile: refusant de s’en remettre à des méthodes standardisées, il apprend l’enregistrement, le mixage et le mastering par une expérimentation acharnée sur ses propres morceaux.
Pour A2LAN, l’ingénierie du son n’est pas un simple aspect technique; c’est une forme d’art à part entière et un pont entre la matière et l’esprit. Il rejette une approche purement scientifique de l’audio et traite le son comme une matière à sculpter — fréquences, vibrations, dynamiques — qui doit porter des concepts et des émotions, et pas seulement respecter des normes. Au fil des années, il développe ses propres méthodes de sound design, de mixage, de mastering et de phasing, en suivant rarement des recettes conventionnelles. La composition, la production et l’ingénierie finissent par se fondre en un seul processus: dès le premier instrument enregistré, il pense déjà au son final, de sorte que l’écriture, les arrangements, le mix et le master forment un geste unique et cohérent.
Sur le plan stylistique, son travail est profondément ancré dans la fusion. Il refuse de se limiter à un seul genre, puisant dans le rock, le jazz, le hip-hop, la pop, la musique électronique et les musiques ethniques ou traditionnelles. Il est particulièrement attiré par le rythme et le groove — ce qui n’a rien d’étonnant pour un batteur — ainsi que par les possibilités offertes par le sampling et la manipulation sonore. Pour lui, les “genres” musicaux sont surtout des étiquettes destinées aux catalogues et aux livres d’histoire; dans l’acte de création, il n’y a que des émotions, des notes, des sons et des fréquences. Il affirme souvent que rien n’est véritablement créé à partir de rien — tout est recombinaison — mais que l’expérience subjective de la création reste, elle, authentique et essentielle.
Ses influences reflètent cette ampleur: de Mozart et Bach à Yngwie Malmsteen et Led Zeppelin, de Georges Brassens et Serge Gainsbourg à A Tribe Called Quest, Mac Miller, Open Mike Eagle et Flying Lotus. Une année d’enfance passée à Marrakech l’a exposé aux systèmes musicaux arabes et à des échelles non occidentales, qui influencent encore certaines de ses choix harmoniques et mélodiques. Il est autant fasciné par les musiques traditionnelles obscures et le hip-hop underground que par les œuvres rock et classiques “canoniques”, analysant chaque morceau entendu non seulement en termes de composition et de structure, mais aussi d’idéologie, d’éthique et de stratégie marketing.
Plus que tout, A2LAN Edouard LESAGE est attaché à l’indépendance artistique. Il n’a jamais travaillé sous l’égide d’un label et a construit son catalogue entièrement seul — écrivant, composant, interprétant, produisant, réalisant, mixant, masterisant, montant et diffusant ses œuvres par ses propres moyens. Cette indépendance n’est pas qu’un choix esthétique; c’est une prise de position. Il considère l’art comme de la culture, et la culture comme un champ qui mérite un véritable respect, y compris la reconnaissance du fait que l’art est un travail et doit permettre à un artiste de gagner sa vie. Dans un paysage musical largement régi par les tendances, les algorithmes et le marketing, il insiste sur le fait que le but premier de ce métier reste la création, et non la simple conformité à la mode.
Aujourd’hui, A2LAN continue de perfectionner son vaste corpus de travaux, en remasterisant des projets antérieurs et en préparant de nouvelles sorties, tout en maintenant des exigences très élevées en matière d’intégrité sonore et artistique. Chaque projet est traité comme une œuvre complète et autonome — du premier beat jusqu’au dernier plan du clip — avec une signature claire de maîtrise, d’autonomie et de profondeur. Sa musique n’est pas conçue seulement pour plaire ou suivre le mouvement; elle est destinée à résonner, questionner et durer.



